Guillaume Duflot
L'esprit libre...
Le verdict est tombé il y a une semaine : le professeur du collège de Berlaimont dans le Nord qui avait giflé un élève car il s’était fait insulté de « connard »
par ce même élève a été condamné mercredi à une amende de 500 euros par le tribunal correctionnel d'Avesnes-sur-Helpe (poursuivi pour "violences aggravées", il encourait 5 ans d'emprisonnement et
75.000 euros d'amende).
Pour mémoire, le père de l’adolescent qui est gendarme avait interpellé à son domicile le professeur qui a été placé en garde à vue…24 heures (autrement dit bientôt autant qu’un voyou…).
Vous allez tous dire, à la lecture de cet article, que je ne suis pas neutre étant moi-même enseignant. Je ne demande en aucun cas l’impunité zéro pour les enseignants dans le cadre de leur métier mais j’estime que cette affaire est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Notre métier est devenu de plus en plus difficile, les attentes, je devrais dire les exigences des parents deviennent souvent disproportionnées.
Nous ne sommes pas que des enseignants, nous sommes aussi des éducateurs, des psychologues, … Même si toutes ses fonctions correspondent à l’évolution de la société, des comportements humains, il n’en demeure pas moins que l’on n’hésite pas à pointer du doigt un prof quand son enfant voit sa moyenne baissée, quand on « pense » que les leçons ne sont pas « à la hauteur ».
Bien sûr, les parents ont le droit d’avoir des exigences lorsqu’il s’agit de l’éducation de leurs enfants mais l’enseignant en retour doit avoir l’appui des parents, il attend d’être soutenu par ces mêmes parents, il a aussi des exigences.
L’impunité zéro n’existe pas, mais trouvez vous normal aujourd’hui que dans les établissements scolaires les enseignants soient de plus en plus insultés, qu’ils soient de moins en moins respectés par les élèves …et les parents.
Il y a 20 ans, quand j’étais au collège, jamais je ne me serais permis, ou simplement osé manquer de respect à l’un de mes profs ; si j’avais une punition, elle était doublée à la maison.
On avait peur du prof, il était respecté, on ne remettait pas en doute la parole et l’autorité de ceux que l’on appelé au XIXe « les hussards noirs de la république ».
Alors quand je vois le verdict du tribunal d'Avesnes-sur-Helpe, je suis scandalisé, indigné, la tournure prise par cette affaire est complètement disproportionnée.Je pensais naïvement peut-être que la justice était là pour nous protéger face aux risques de ce métier…
Mais ne vous détrompez pas, j’aime mon métier, j’aime enseigner l’histoire géographie, j’aime ce contact privilégié que l’on peut avoir avec nos élèves…
Oui le métier d’enseignant est certainement le plus beau métier du monde, mais aujourd’hui il a bien changé…
A quelques jours de la rentrée scolaire cette affaire me laisse dubitatif…en attendant le prochaine incident qui ne manquera pas d’arriver un jour ou l’autre...